Petite enquête sur Rimbaud en musique
Petite enquête autour de la lyre jouée par Arthur Rimbaud d'après un dessin de sa soeur Isabelle où il est représenté assis, en tenue orientale, en train de jouer.

Sur ce dessin voir aussi ma page "Le visage d'Aden et les dernières Illuminations" où il est aussi publié et commenté.
Ce point d'ancrage servira de point de départ à un voyage musical à travers la musique traditionnelle d'Ethiopie surtout et un peu au Yemen. Nous ferons connaissance avec plusieurs instruments de musique, mais encore, à partir de l'instrument éthiopien de référence nous voyagerons dans la musique du moyen-âge et de l'antiquité.
D'abord, entrons en correspondance avec un texte de jeunesse de notre Arthur Rimbaud âgé alors de 16 ans. Entre parenthèse on trouve beaucoup d'échos entre ce qu'il a écrit et ce qu'il a vécu (comme des prémonitions). Je donne ici des extraits D'un coeur sous une soutane qui aussi irrévérencieux et critique qu'il soit envers la religion est traversé d'un souffle sacré... :
«j'ai étendu, comme l'ange de Gabriel, les ailes de mon coeur. Le souffle de l'esprit sacré a parcouru mon être! J'ai pris ma lyre, et j'ai chanté:
Approchez-vous,
Grande Marie
Mère chérie!
Du doux Jhésus!...
Sanctus Christu!
Ô vierge enceinte
Ô mère sainte
Exaucez-nous!
Ô si vous saviez les effluves mystérieuses qui secouaient mon âme pendant que j'effeuillais cette rose poétique! J'ai pris ma cithare, et comme le Psalmiste, j'élevai ma voix innocente et pure dans les célestes altitudes!!! O altitudo altitudinum!... »
À plusieurs reprises la lyre côtoie la cithare comme si il y avait deux noms synonymes pour un même instrument, mais il est vrai que c'est sous la bouche des moqueurs du poète en herbe: «et ta lyre? Et ta cithare? ». À un autre endroit c'est le mot luth qui vient quand il dit à son amoureuse, sa muse: « Laisse-moi chanter sur mon luth, comme le divin Psalmiste sur son Psaltérion » Mais dans un poème que le séminariste vient de composer il dit: « que ma lyre frissonne et que je bats de l'aile »
Lyre, cithare, luth, psaltérion: quatre instruments bien distincts.
Commençons par le psaltérion. Ici le psaltérion à archet:
Là, le psaltérion joué avec baguettes (il suffit de sélectionner l'adresse et de cliquer sur ouvrir le lien, et c'est parti:)
http://youtu.be/T6hoOGv1z3A
Faisons un petit tour dans une des 12 ou 13 compositions d'un troubadour du languedoc Raimon Jordann, en référence au Jourdain de Palestine. La composition s'intitule "Lo clar temps" . On y trouve trois instruments dont le psaltérion et un quatrième indispensable aux troubadours, la voix. Petite parenthèse, il y aurait en lui des accents jazz qui feraient de lui un précurseur de Thélonious Monk: "Les Travaux de la Jordanie sont généralement anhistoriques et sa poésie »suggère un jazz musicien qui travaille sur des thèmes bien usés avant de passer inexorablement et plus profondément dans l'imagination poétique ». (Wikipédia - The free encyclopédia)
Comme d'après Un coeur sous une soutane le double fictif de Rimbaud est censé chanter toujours, quel que soit l'instrument accompagnateur, il en doit être ainsi de ce poème composé pour sa "damoiselle" Thimotina:
Ne devinez-vous pas pourquoi je meurs d'amour?
La fleur me dit: salut: l'oiseau me dit bonjour:
Salut; c'est le printemps! c'est l'ange de tendresse!
Ne devinez-vous pas pourquoi je bous d'ivresse!
Ange de ma grand-mère, ange de mon berceau,
Ne devinez-vous pas que je deviens oiseau,
Que ma lyre frissonne et que je bats de l'aile
Comme l'hirondelle?...
N'est-ce pas digne d'un troubadour?
Je n'ai pas trouvé de traduction de Lo clar temps, mais écoutons:
http://youtu.be/6qcKCthqy3w
Le deuxième intrument que cite Rimbaud est la cithare. Et puisqu'il a passé des vacances en Egypte avec son ami Djami, voici d'abord une compositio au qanun (descendant des vieilles harpes egyptiennes) Taksim qui fait une improvisation solo sur l'album Enchanted Egypt. N'est-on pas là dans l'Egypte ancienne?
http://youtu.be/A8JfSQbVf5k
Passons de la cithare égyptienne à la cithara romaine accompagnée du sambucca (sorte de harpe de taille grande ou petite):
Ci-dessous "spécimen emprunté à une peinture égyptienne bien connue sous le nom de harpe de Bruce, du savant qui a le premier publié ce monument".


à présent, écoutons en images de l'antiquité romaine
http://youtu.be/kTJJbPzRt0w
Je compléterai avec un descendant moderne de la cithare: l'Auto-harpe. "L'autoharpe est une variation nord-américaine de la cithare autrichienne ; elle est jouée dans la région des Appalaches pour accompagner la musique folk ou le bluegrass. Le mot Autoharp a été déposé en 1926 ; la société US Music Corporation prétend en être propriétaire. Elle a été popularisée en France par Hugues Aufrey avec le morceau Le rossignol anglais. Mais ici, écoutons une improvisation toute en douceur:
http://youtu.be/ud_IgEyy2O8
Le troisième instrument cité par Rimbaud est le luth. "Laisse-moi chanté sur mon luth, comme le divin Psalmiste sur son Psaltérion, comme je t'ai vue, et comment mon coeur a sauté sur le tien pour un éternel amour!" déclare t-il à Thimotina. Voici tel que j'imagine chanter Arthur:
http://youtu.be/q_aIJPSnjdc
Le même Rimbaud en orient aurait pu chanter comme ce grand-père chantant un chant soufi accompagné de son oud, sorte de luth. petite histoire de l'instrument:
"L'oud (en arabe : عود ; en arménien : Ուդ ; en turc : Ut), ud ou outi (en grec moderne : ούτι), est un instrument de musique à cordes pincées très répandu dans les pays arabes, en Turquie, en Grèce et en Arménie. Son nom vient de l'arabe al-oud (signifiant « le bois »), terme transformé en Europe en laute, alaude, laud, liuto, luth.
Le barbat (persan) en est très certainement à l'origine, mais si cet instrument existe encore à titre symbolique en Iran, il y est très peu répandu et il a été réinventé récemment à partir d'archives. Il convient donc ici de s'attacher davantage au nom oud, plus généralement connu, d'autant plus que les instruments ne diffèrent guère."
Perse et soufisme vont ensemble...
Bien écoutons-le:
http://youtu.be/rPYTvAu9wT4
Et puisque Rimbaud disait "comme le divin Psalmiste" qui n'est autre que le roi David, nous allons faire un petit détour avec le merveilleux psaume 23 qui a été restranscrit grâce aux annotations musicales du livre. Seulement, David ne jouait pas comme Rimbaudl le pensait du psaltérion, bien que le nom lui ressemble, mais de la harpe qui fait partie avec le luth et la cithare des trois instruments à corde de la Bible. La traduction de l'hébreu est:
23.1
Cantique de David.
L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.
23.2
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
23.3
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
A cause de son nom.
23.4
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
23.5
Tu dresses devant moi une table,
En face de mes adversaires;
Tu oins d'huile ma tête,
Et ma coupe déborde.
23.6
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
Tous les jours de ma vie,
Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel
Jusqu'à la fin de mes jours.
En musique, cela donne:
http://youtu.be/wMx8RkS17GA
Il existe de très belles compositions personnelles, telles que cette louange à la harpe et chant de Alon Tamir (Israël), toute en intimité d'âme:
http://youtu.be/V0X3wY2peKM
Avec ce voyage dans le temps, il serait dommage de passer à côté de la plus ancienne mélodie connue datant de 1400 avant JC à Ugarit, en Syrie, c'est à dire proche de la Palestine. Incrite sur une tablette, elle est nommée: "Hurrian hymn n°6": Commentaire trouvé sur Wikipédia:"Parmi les textes d'Ougarit hourrite sont les plus anciens exemples connus de la musique écrite, datant de c. 1400 avant notre ère. Parmi ces fragments, on trouve les noms de quatre compositeurs hourrite, Tapšiẖuni, Puẖiya (na), Urẖiya et Ammiya."
http://youtu.be/DBhB9gRnIHE
Une version plus courte de cet hymne Hurrian n°6 est présentée sur You Tube comme la plus ancienne chanson connue. Une deuxième interprétation sans doute...
http://youtu.be/gKN7Em9Q6qY
Il a été retrouvé aussi à Ugarit un hymne chanté à Nikkal.


Qui était Nikkal?
Nikkal, ougaritique 𐎐 𐎋 𐎍 NKL, le nom complet Nikkal-wa-Ib, est une déesse de Ugarit / Canaan et plus tard de la Phénicie . Elle est une déesse de vergers, dont le nom signifie «Grande Dame et fructueuse" et dérive de l'akkadien / Ouest sémite »« EILA »INBI" qui signifie "Déesse de fruits". De Moor traduit ougaritiques 𐎛 𐎁 "IB" comme "fleur" qui survit en hébreu biblique comme אֵב ( Strong Concordance 3) et cite Cantiques 6:11 comme une survivance de cet usage
Elle est la fille de Khirkhibi , roi de l'été, et est marié à la lune dieu Yarikh , qui lui doués avec des colliers de lapis-lazuli. Leur mariage est lyriquement décrites dans le texte ougaritique "Nikkal et le Kathirat ". Elle peut avoir été fêté en fin d'été lorsque les fruits des arbres avait été finalement récoltés. Son équivalent est la déesse sumérienne Ningal , la mère de Inanna et Ereshkigal .
La plus ancienne pièce complète annotée de la musique ancienne est une chanson hourrite , un hymne en écriture cunéiforme ougaritique syllabique qui a été consacrée à Nikkal. Il a été publié lors de sa découverte en Ougarit par Emmanuel Laroche, d'abord en 1955 puis plus complètement en 1968, et a été l'objet de nombreuses études ultérieures palaeomusicology par, entre autres, Anne Draffkorn Kilmer , qui lui donna le titre de «L'Hymne à Nikkal" l.
Ecoutons, cette pièce antique, toujours pour lyre:
http://youtu.be/7ZatnTPhYWc
Cet hymne a même été interprété en pop song où une transcription phonétique des paroles est donnée; quant à la traduction, elle est introuvable. (http://vimeo.com/9088126).
Ah oui, au fait, depuis un moment nous sommes en compagnie du quatrième instrument cité par Rimbaud: la lyre. Il existe aussi le Tétras lyre...

C'est l'intrument fil conducteur de notre enquête.
Bien voyageons avec la lyre de l'Ancienne Babylone à la Mésopotamie (c'est un peu pareil...sauf que c'est pas dans le même coin et de la même époque puisque c'est l'Ur sumérienne...), puis l'Egypte, Canaan, Israël, la Grèce, enfin l'Inde.
http://youtu.be/Ults-y3ZA-g
Y'a bien un truc commun, tu trouves pas?
Si tu veux approfondir, voici une procession d'Olympe:
http://youtu.be/xBZ7Ogb8EJ4
On ne peut pas passer à côté de la lyre d'Apollon!
http://youtu.be/QYQmJM3r3Bs
Et cette chanson trouvée sur l'épitaphe de Seikilos.
L'épitaphe de Seikilos est un fragment d'inscription épigraphique grecque trouvée sur une colonne de marbre placée sur la tombe qu'avait fait construire Seikilos pour son épouse Euterpe, près de Trales (en Asie Mineure).
La stèle constitue un des exemples de notation musicale grecque, datée entre -200 av. J.-C. et 100 ap. J.-C.. Elle fournit une des plus anciennes mélodies connues.
La mélodie, écrite en mode mixolydien et de genre diatonique, se déroule sur un intervalle d'une octave juste. La chanson est mélancolique, classée comme skolion ou chanson à boire.
On ne connait pas le tempo de la chanson, puisqu'il n'est pas donné par la notation.
En voici la transcription phonétique que tu pourras suivre dans la chanson pour voix de femme:
Eikôn hê lithos
eimi; tithêsi me
Seikilos entha
mnêmês athanatou
sêma poluchronion
Hoson zês, phainou
mêden holôs su lupou
pros oligon esti to zên
to telos ho chronos apaitei
Et sa traduction:
La pierre que je suis est une image.
Seikilos me place ici,
Signe immortel d'un souvenir éternel.
Tant que tu vis, brille !
Ne t'afflige absolument de rien !
La vie ne dure guère.
Le temps exige son tribut.
Avant d'écouter, pour la petite histoire...
"La stèle a été découverte en 1883 près de l'actuelle cité d'Aydın, à environ 30 km de la ville côtière d'Éphèse (en Turquie). Elle a disparu en 1922 pendant le guerre gréco-turque. Plus tard elle a été retrouvée, brisée à sa base, chez une femme du village qui l'avait coupée à la base et l'utilisait pour soutenir un pot à fleurs. Elle se trouve aujourd'hui au Musée National du Danemark."
http://youtu.be/9RjBePQV4xE
Autre version, plus longue:
http://youtu.be/xERitvFYpAk
La transcription musicale moderne ci-dessous:


La première partie de notre voyage est finie. En entracte je propose un peu d'humour avec ce chant grec moderne (évidemment chanté par un homme) drôlement illustrée et qu'on mettra en correspondance avec un des Stupras de Rimbaud:
Les anciens animaux saillissaient, même en course,
Avec des glands bardés de sang et d'excrément.
Nos pères étalaient leur membre fièrement
Par le pli de la gaine et le grain de la bourse.
Au moyen âge pour la femelle, ange ou pource,
Il fallait un gaillard de solide grément ;
Même un Kléber, d'après sa culotte qui ment
Peut-être un peu, n'a pas dû manquer de ressources.
D'ailleurs l'homme au plus fier mammifère est égal ;
L'énormité de leur membre à tort nous étonne ;
Mais une heure stérile a sonné : le cheval
Et le boeuf ont bridé leurs ardeurs, et personne
N'osera plus dresser son orgueil génital
Dans les bosquets où grouille une enfance bouffonne.
ou encore avec cet extrait de Conneries dans l'Album zutique:
Casquette
de moire
Quéquette
d'ivoire
Maintenant faut voir...
http://youtu.be/MzHQ3U1ckyc

Il est temps d'entamer notre deuxième partie du voyage en partant pour l'Ethiopie.
Il y une fête importante dans l'Ethiopie orthodoxe qui est la Saint Gabriel tombant à la fin décembre. Comme il est le saint patron protégeant maisons et églises, il est vénéré de manière exceptionnelle. Le pélerinage dans l'église qui lui est consacrée au coeur des montagnes du Harar que Rimbaud connaissait bien est impressionnant. Aussi bien chrétiens que musulmans viennent. Il y a même des pélerins qui viennent d'Inde.
Mais cette fête de Saint Gabriel nous rappelle aussi le Coeur dans une soutane: "J'ai étendu, comme l'ange Gabriel, les ailes de mon coeur"
Nous allons donc commencer avec un morceau intitulé Kidus Gebreal joué au masenqo, luth à une corde joué avec un archet, et chanté d'une voix haut perchée, transperçant le ciel:
http://youtu.be/Y8V1qVUaTrs
On pourra écouter dans le même style Emebetachin:
http://youtu.be/xZP5T8_lnjk
ou
Au point où nous sommes nous pouvons révéler quel est l'instrument que joue Rimbaud sur le dessin d'Isabelle
: il n'y a pas photo, il s'agit bien du begena ou grande lyre d'Ethiopie.
Voici quelques informations sur l'instrument:
Selon la tradition éthiopienne, le roi Ménélik Ier aurait ramené l'instrument d’Israël où David l'aurait utilisé pour apaiser les nerfs du roi Saül et le guérir de ses insomnies. Son origine historique demeure incertaine même si des manuscrits éthiopiens représentent l'instrument dès le début du XVe siècle
Connu pour être l'instrument des nobles, des moines et des lettrés, joué par les peuples Amharas et Tigré, le begena était à l'origine utilisé pour la méditation et la prière. Bien que surtout joué dans un contexte intime, l'instrument est parfois inclus lors de fêtes religieuses. Bien que le begena fasse partie du zema (musique spirituelle amhara), il n'est pas utilisé pour la messe de l’Église éthiopienne orthodoxe, même s'il apparaît parfois lors de processions religieuses en-dehors de l'église.En raison de la complexité linguistique, historique et religieuse importante de l'instrument et de son statut sacré, l'instrument n'est pas très répandu. Toutefois, en 1972, l'école de musique de Yared d'Addis-Abeba a commencé son enseignement. Depuis le changement de régime de 1991, la pratique du begena a pris un nouvel essor.
L'instrument possède dix cordes de boyau, dont six sont pincées par les doigts de la main gauche (1, 3, 4, 6, 8, 10, en partant du montant le plus proche du joueur). Les autres cordes servent d'appuis ou de reposoirs aux doigts. Entre chaque corde et le chevalet large, une petite pièce de cuir modifie la vibration de la corde et est responsable du timbre grésillant de l'instrument. Les montants et la traverse sont en bois et la table d'harmonie est en cuir de bovidé.
Et voici la bête en démonstration. Le son de l'instrument est grave et très étrange, mais il a quelque chose en lui qui hypnotise et apaise.
Première présentation de l'instrument par King David's harp:
http://youtu.be/rwWFo2y_918
La voix, en bonne compagne, vient souvent tardivement, ici au bout de deux minutes sur plus de cinq.
http://youtu.be/Qnes19ERSBM
Nous n'avons eu jusqu'à maintenant que des hommes, mais les femmes sont aussi mises à l'honneur à travers le begena. Ici la voix chaude de sa joueuse est bienvenue:
http://youtu.be/GV6gPW9uTmg
On peut aimer ou pas. Si tu aimes, voici un choix de morceaux au begena:
http://youtu.be/XbWwjUsJxKg
http://youtu.be/0sWjMgANo5o (voix féminine)
http://youtu.be/ge4PwKqyZcw (chant d'homme orthodoxe: vers la fin des larmes lui coulent sur la joue)
http://youtu.be/dt_lf20oNYs (chant d'homme orthodoxe)
Et si le son du begena t'énerve, tu peux essayer le mezmur un autre instrument à corde qui sonne plus comme... j'allais dire un accordéon!
Voici un morceau s'appelant Alseferkulshim (comme ça se prononce...) toujours avec un accompagnement de la voix, ici masculine:
http://youtu.be/bet5EUWRWFw
http://youtu.be/wubMP_LBnG4
Là, il y a plusieurs instruments et on y chante en choeur:
http://youtu.be/Y1VNNkBjS0U
Ici, c'est une femme qui chante:
http://youtu.be/x7rGAfjhpCA
Là, c'est un choeur de femmes qui chantent en frappant des mains et en jetant des ouloulous typiques:
http://youtu.be/6q9MYnTgz8A
Ici une femme joue de l'instrument qu'on voit en photo et chante:
http://youtu.be/04BCMtdbZkE
Là, toujours une femme,Asnakech Worku - qui interprête le traditionnel Tizita avec le même instrument, mais la vidéo est en noir et blanc, elle semble être une archive:
http://youtu.be/wIIS1q7ztP4
Là, un groupe de musiciens jouent et une femme, Maritu - chante au micro en plein air sur une vidéo assez vieille, mais au son bien conservé, une chanson traditionnelle:
http://youtu.be/vm5NoRtY-Ko
Si tu en as un peu marre des chants trads, voici une ballade moderne du Harar où Rimbaud a longtemps résidé ( HARARI MUSIC - Sami Omar - Galata - moy zitqeqelasa):
http://youtu.be/OBuGJP53qHM
Voici en musique une vidéo d'une cérémonie officielle à Abdis Abeda (où n'a pas été Rimbaud apparemment), mais qui est l'énorme centre culturel de l'Ethiopie:
http://youtu.be/UAmhOL4u34c
Ici, sur la pochette d'un des disques de la fameuse série des Ethiopiques, symbole de l'émancipation musicale, on voit un groupe de musiciens et parmi eux un joeur de begena:
http://youtu.be/9fc5Ypcp41E
Voici un épisode du "graine de star" éthiopien (Ethiopian Idol Harar - Amazing Harari Song - Episode 02) . Tout le public n'a pas l'air convaincu par ce duo homme-femme:
http://youtu.be/AYhgC2mFsKA
Ici c'est un garçon qui chante d'une belle voix à capella:
http://youtu.be/ztu4Rip_4uA
Voici une petite fille qui enchante et a un don de communication sur scène:
http://youtu.be/MjGsdJPBdF8
On ne pouvait finir ce voyage sans aller un peu au Yémen où Rimbaud a aussi beaucoup vécu (Aden). Voici donc un morceau émouvant de Erkan Ogur et Djivan Gasparyan:
http://youtu.be/J3oUIx1VtMw
http://youtu.be/6N87ZlQor4k


