Rimbaud passion ou les mystères d'Arthur (nouvelle version) Quatrième chapitre
IV
Le lendemain, lorsque Paul descendit voir le commissaire Belpomme, la porte du salon était ouverte. "Entrez!" dit le commissaire. Paul entra et le vit jongler avec des pommes. Il en avait trois!
-Vois-tu... voyez-vous, je jongle. Jongler, du latin joculari, "se jouer de", d'après l'ancien français jongler, "bavarder."
-Tu...Vous bavardiez avec vos pommes?
-Oui, et j'ai un petit doute quant à savoir si ces pommes se jouent de moi, ou si c'est moi qui me joue de mes pommes.
-Vous voulez dire que vous n'êtes plus sûr de vous?
-Oh! ce matin je ne suis sûr de rien. Y'a des jours comme ça. Ça doit être la peur de me planter, d'être ridicule. Remarquez, je le suis déjà avec mes pommes. Il ne me manque plus que d'écrire « N » sur la première, « V » sur la deuxième, « L » sur la troisième. Je me suis levé du pied gauche ce matin, j'ai glissé sur une pomme que j'avais posé sur ma table de nuit, elle s'est retrouvée sur le tapis et j'ai roulé dessus, je suis tombé...
-Ouf! pas dans les pommes! Moi, en tout cas, vous me passionnez, et puis quand bien même vous vous tromperiez, qu'est-ce que cela peut faire?
-Rien... Rien... Voyez-vous, c'est un jeu entre elles et moi. C'est ça, oui c'est ça, il m'a fallu jongler pour ne pas me laisser abattre par cette situation qui doit bien signifier quelque chose, mais quoi? Les indices que laissent l'oeuvre de Rimbaud sont faibles. Partir avec une idée et trouver tout ce qui pourra la prouver est ce que Rouletabille reprochait à son rival. On peut faire coïncider des choses avec nos propres vues. Il faut être prudent.
-Mais si vous utilisez votre instinct et que vous prenez le bon bout de la raison comme Rouletabille? En fait, je crois que vous êtes plus proche du Père Brown, parce que vous enquêtez en poète. Il est humble et vous aussi.
-Je suis touché.
Tout à coup, ses yeux s'allumèrent, son corps s'anima et il dit:
-Par ma pomme, on ne va ne pas se laisser abattre! Commençons par le début, par les cinq premiers voyants. Arthur, roi des poètes, je sais que tu es avec moi. Et vous aussi, Paul. Je suis heureux de vous avoir comme partenaire. Ça y est, je vois mon erreur. La Lettre, confuse, il faut l'admettre, ne cite pas cinq voyants, mais neuf!
-Ce qui avec les trois voyants fantômes nous fait arriver à 12!
-Les neuf qu'il cite sont dans l'ordre d'apparition: 1 - Alphonse Lamartine, 2 - Victor Hugo, 3 - Théophile Gautier, 4 - Leconte de Lisle, 5 - Théodore Banville, 6 - Charles Baudelaire, 7 - Albert Mérat, 8 - Paul Verlaine... et le neuvième?
-Arthur Rimbaud lui-même.
-Bien sûr! Oh! Décidément, rien ne va plus. C'est vrai, il ne se nomme pas mais le sous-entend. "Je travaille à me rendre voyant".
À nouveau, on aurait vraiment dit qu'Arthur Rimbaud vivait dans cette pièce. La voix que le commissaire prenait en citant Rimbaud s'accordait parfaitement à son portrait au pastel.
-
Modeste, le gars Arthur, commenta le commissaire en se tournant vers son auditeur et associé idéal. Il est clair que, voyant, il se le considère déjà, car vu les réserves qu'il émet sur Hugo ou même Baudellaire, il est clair qu'il ne se situe pas en tant qu'élève de l'un d'eux. Mais, voilà, Paul, les raisons de mon erreur. Comme j'avais établi que les trois voyants fantômes étaient cachés dans notre fameux trio de voyants (le « NVL » en marge du manuscrit auxquelles initiales j'ai fait correspondre Nerval – Verne – Lautréamont), j'ai associé faussement les cinq autres désignations de la Lettre à cinq voyants, les cinq connus; ce qui était vrai dans un sens. Rimbaud a l'art de nous perdre.
-
C'est vrai. Je suis perdu... avoua Paul.
-
Comment, mon exposé n'est-il pas clair ?
-
Oh si !Comme de l'eau de roche !
-
Roche, dites-vous ? Roche! Pertinent ! Arthur, en tête de ses deux Lettres, écrit « Charleville », or, nous sommes au printemps, et au printemps comme en été, il est en principe à Roche avec sa famille sans père, pour aider aux travaux des champs depuis que sa mère a repris l'établissement agricole des Cuif. Ce n'était que parce que la terre de Roche avait été disputée par l'un des frères de sa mère qu'elle avait fui à Charleville, jusqu'à ce que le vent tourne... Rimbaud ne peut s'avouer paysan, ce qu'on appelait « les « pouilleux », devant la gente littéraire. Déjà qu'il vaut mieux être parisien. Même un an avant, à onze jours près, il écrit soi disant de Charleville, en précisant entre parenthèses « Ardennes », au poète Théodore de Banville habitant à Paris ; il lui déclare même qu'il a dix-sept ans alors qu'il en a que seize et demi. Il avait écrit initialement « J'ai presque dix-sept ans »...
-
Cela veut dire qu'il ne faut pas se fier à la lettre.
-
Oui, si vous voulez dire qu'il ne faut pas prendre tout au pied de la lettre. Il faut savoir décoder. De même lorsqu'Arthur écrit à Izambard que Mézières – ville militaire – est « une ville qu'on ne trouve pas », alors qu'elle n'a pas encore été bombardée par les allemands, ceux-là même qui en 18 raseront Roche, cela prend une autre dimension si Mézières est un symbole du père qui l'a abandonné, enfant. On peut même aller plus loin en disant que son meilleur ami – Ernest Delahaye, qui lui est de Mézières, est, malgré qu'il ne fut que d'un an son aîné, comme un symbole de son père fantôme.
-
Vous me subjuguez, maître !
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De grâce, ne m'appelez pas maître. Sans vous, je serais perdu. Vous n'êtes pas seulement mon associé, mais mon révélateur sans lequel la photo ne peut se révéler !Mais, c'est assez bifurqué ! Si ce ne fut pas inutile, il est impératif que nous revenions au nœud que nous démêlions. D'autant plus que vous me disiez être perdu. Il faut bien voir qu'Arthur se contredit dans sa propre lettre, la deuxième. En voici les grandes lignes à partir du moment où, à la quatrième page, il donne une liste assez dispersée des voyants.
« Il commence par dire: "Les premiers romantiques ont été voyants sans trop s'en rendre compte: Lamartine est quelquefois voyant, mais étranglé par la forme vieille. Hugo a bien du VU: Les Misérables sont un vrai poème; Stella donne à peu près la mesure de sa vue." Il consacre onze lignes aux premiers romantiques. Ensuite, vingt quatre lignes à un poète qu'il hait: Musset. C'est un nouveau paragraphe qui est bien ambigu. Veut-il dire qu'il était voyant même s'il l'avait en horreur? Le rattachait-il aux premiers romantiques du premier paragraphe? Voici ce qu'on peut en extraire: "Musset est quatorze fois exécrable pour nous, générations douloureuses et prises de visions. Musset n'a rien su faire: il avait des visions derrière la gaze des rideaux: il a fermé les yeux."
Le troisième paragraphe est consacré aux seconds romantiques. Rimbaud dit : "les seconds romantiques sont très voyants: Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Théodore Banville. Mais inspecter l'invisible et entendre l'inouï étant autre chose que reprendre l'esprit des choses mortes, Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu. Encore a-t-il vécu dans un milieu trop artiste; et la forme si vantée en lui est mesquine: les inventions d'inconnu réclament des formes nouvelles." Il dit, ici, après avoir cité cinq voyants, que Baudelaire est le premier voyant. Vous y comprenez quelque chose, vous?
-C'est vrai que c'est contradictoire. Ça me fait penser à ce que disait Baudelaire: il donnait comme droit oublié celui de se contredire.
- ... et de s'en aller..., rajouta le commissaire. Mais bien vu! Il n'y aurait qu'une explication : il emploie l'adjectif pour les premiers et le substantif pour Baudelaire. Subtilité difficile à percevoir tout de même... à moins d'être voyant? Bref, il finit par un quatrième paragraphe donnant une longue liste de noms ou d'exemples à ne pas suivre, et il conclut ainsi : "la nouvelle école parnassienne a deux voyants, Albert Mérat et Paul Verlaine, un vrai poète. Voilà. Ainsi, je travaille à me rendre voyant."
« Le choix d'Albert Mérat peut nous étonner, il est injustement peut-être tombé dans l'oubli, il savait voir les choses et les transcrire avec tendresse par des tableaux quasi impressionnistes; il est plus étonnant encore qu'il qualifie de "voyant" Paul Verlaine, étant donné qu'il n'était pas encore son ami et amant et que c'était un poète avant tout sentimental et musical: il ne savait "voir" que par le coeur – mais c'est essentiel pour un poète, ce n'est pas le Petit Prince de Saint-Exupéry qui le récuserait. Il excellait à mettre de la musique dans ses vers. "De la musique avant toute chose" écrivit-il en tête de son poème intitulé Art poétique, écrit en 1874 – date de la première exposition du groupe des impressionnistes – mais publié qu'en 1882 et qui sera alors considéré comme le manifeste de l'école symboliste. Enfin, Verlaine et Mérat se rattachaient à l'époque des lettres du Voyant à l'école parnassienne en vogue: cela n'est donc pas un hasard si Rimbaud en sauve deux de la nasse.
« Cependant, soyons lucides et honnêtes: ils répondent très peu à l'exigence du "voyant" décrit dans sa lettre. Franchement, le fond en est "fadasse" comme il aimait le dire. Aussi, on s'explique mal son rejet absolu et sa haine farouche de Musset qui dans Les Nuits dit des choses autrement plus profondes sur le rapport étroit entre le poète et sa Muse, combien même les rimes seraient plates au goût de Rimbaud. Musset dépasse et pousse son expérience à ses extrêmes limites, atteignant ainsi l'universel. Or, Rimbaud n'a que Rolla en bouche en parlant de Musset. Tout le monde a fait son Rolla selon lui. Peut-être, mais personne d'autre n'a fait ses Nuits!
« Voilà, Paul, je vous ai expliqué la source de mon erreur, mais elle n'est que relative. Souvenez-vous de ce que je vous ai dit à propos des cinq voyants cités, même si nous savons maintenant qu'il y en a neuf : une main nous est tendue! Et où nous-a-t-elle menée cette Main!... Une erreur qui fait du chemin pour qu'elle soit rectifiée n'est en fin de compte pas une erreur... Mais, laissons là les choses, mon ami, et nous chercherons ce qui est encore caché dans la lettre demain, promis. C'était le sens de la glissade sur la pomme: il fallait rectifier l'"erreur". Et mon aquabonite matinale a fait place à la bonite. – Allons à la pêche!...
-
Quoi?
-La bonite est un bon poisson de Méditerranée, voisin du maquereau. Voulez-vous venir à la pêche avec moi, l'air de la rivière nous ferait du bien.
-
Vous pêchez? dit Paul, surpris.
-
Ça m'arrive, oui. J'aime cette attente paisible, ce suspense du bouchon à la surface de l'eau, médiateur entre le pêcheur et l'hameçon, entre la surface et les profondeurs. J'aime l'excitation de la touche, la sensation de la prise et ce gigotement plus ou moins fort.
-
Ouah! Alors, allons-y, commissaire!
Illico, ils firent les préparatifs. Ce ne fut pas long. Des lignes étaient toutes prêtes, à la fois pour les gaules à vifs et les lancers pour le gros. Ils atteignirent bientôt la rivière à 500 m de la maison du commissaire, en contrebas d'un champ se trouvant à l'opposé de la forêt.
Au bord de l'eau, installés dans des sièges pliants, ils attendirent devant gaules et lancers à gros bouchons blancs et rouges.
Soudain, une touche s'annonça .
-
Oh, c'est un Paul Mérat! s'exclama le commissaire, et il cita:
« Derrière l'épaisseur lucide du carreau,
Un paysage grêle, une miniature,
Fait voir chaque détail plus petit que nature
Et tient entre les quatre arêtes du barreau.
Ce transparent posé d'aplomb sur le tableau
Montre un ciel triste encore et d'une couleur dure,
Des gens qui vont, les champs, des arbres en bordure,
Et les flaques de pluie où l'azur luit dans l'eau. »
Il semble...
Là, Arthur Belpomme ferra d'un petit coup sec du poignet et leva son « Albert Mérat » frétillant.
-
Bonjour, Le Carreau, dit-il à l'écailleux.
-
Mais c'est un goujon!
-
Oui, et il porte avec lui ce poème Le Carreau dont je viens de citer la moitié. Tu vois, un poème peut servir à attendre avant de ferrer. Il ne faut pas seulement que le poisson titille, il doit mordre à l'hameçon!
-
Belle leçon!
Le commissaire rit, puis il dit:
-
Voyons la prochaine prise.
Il attendit, le bouchon oscilla, il commenta:
-
Là, on dirait bien du Paul Verlaine qui se profile:
« Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l'astre irise...
C'est l'heure exquise. »
Le bouchon plongea et Arthur ferra à nouveau:
-
Bonjour La Bonne chanson!
Et il déposa son poisson dans le vivier, sous les yeux écarquillés de Paul!
Le commissaire remit un asticot au bout de son hameçon et attendit à nouveau.
-
J'ai hâte de savoir ce que ça va être comme poisson, fit Paul.
-
Patience! La pêche, c'est l'école de la patience!
Ils attendirent. Soudain, un nouveau signal se fit sur l'eau. Le commissaire s'exclama:
-
Ah là! C'est le bel Alfred de Musset qui suce l'asticot assez longuement.
« Crois-tu donc que je sois comme le vent d'automne,
Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau,
Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau ?
Il fit une pause avant de reprendre:
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Il ferra avec adresse et le scion plia.
-
Oh il est gros! fit Paul.
-
Bonjour Nuit de Mai! La Muse a bien parlé. Tu vas rejoindre le vivier! dit Arthur Belpomme
C'est un beau carpeau.
-
Une belle prise! Oh! Le lancer a une touche, fit Paul en se retournant vers l'eau.
Le commissaire suivit son regard et poursuivit en prenant flegmatiquement le lancer en main :
- L'évolution esthétique de Musset, liée au conflit entre art et vie, s'exprime dans le cycle des Nuits, qui le mène de l'interrogation sur la nature de la poésie à un constat d'échec et au refus de l'expression poétique. Trop souvent, on a ramené Les Nuits à l'expression de l'échec de la liaison entre Musset et Sand. Plus profondément, Les Nuits explorent le lien entre souffrance affective et inspiration poétique.
À ce niveau-là, il ferra et combattit avec le poisson qui tordait le scion sur l'eau tout en poursuivant:
- Le poète incarne l'homme de son temps à... condition de savoir dépasser son expérience et de la pousser à ses extrêmes limites... atteignant ainsi l'universel à partir de soi. La douleur n'est donc plus seulement un artifice ou une convention littéraire, mais l'état de crise indispensable par lequel le poète atteint le plus profond de lui-même, et par delà l'anecdote, l'intemporel.
Le poisson était enfin fatigué. Le commissaire moulina. Paul tendit l'haveneau. C'était un mulet!
- Pom-pom-pom ! lança triomphalement le commissaire devenu pêcheur de « poissons-poèmes ».
Satisfait de leur pêche fructueuse, ils décidèrent de rentrer. Au retour, Paul laissa Arthur ranger son matériel car il avait ses petites habitudes. Il alla dans le salon où quelques livres étaient entassés sur une table. Il fut attiré par l'un d'eux, un livre scolaire de littérature du XIXème siècle. Un marque-page dépassait, il ouvrit l'ouvrage et découvrit avec stupeur le passage que le commissaire avait présenté comme sa propre analyse de la poésie de Musset. Il s'exclama:
- Quel toupet, le commissaire Belpomme a plagié!
Il en sourit. Tous les grands poètes ont beaucoup créé, mais aussi beaucoup plagié, et il se souvint des propos du commissaire Belpomme, que j'ai omis de citer, il me semble: "Je dois plagier malgré moi quelque autre détective, quand bien même il me serait inconnu. Et je fais mon alchimie sans que cela soit visible. Un certain poète dont nous aurons à reparler a copié des passages entiers pour un livre qu'il a écrit, et cela ne se voit pas et ce n'est pas moins une oeuvre sincère, bien de lui. Il n'y a pas trente six mille façons de dire dans la langue française: "Il n'y a pas trente six mille façons de dire dans la langue française."
Et Rimbaud avait-t-il plagié?
Mais, surtout, quelle nécessité avait le commissaire Belpomme de citer tout ça à propos de ce poète mille fois exécré par Rimbaud qu'était Musset ?Et pourquoi, d'abord, le commissaire avait-il pêché un gros Musset avant de pêcher un mulet ? Alfred de Musset serait-il, en définitive, un voyant ? Était-ce un signe révélé par son « pom-pom-pom » ou le commissaire se jouait-il de lui, le menait-il en bateau, le narguait-il à l'instar de Rimbaud ?
Autre interrogation : le commissaire Belpomme n'était-il pas une sorte de cryptozoologue de la littérature, si on voit en ses voyants fantômes : qui le Yeti, qui le monstre du Loch Ness, qui le Mokélé-mbembé (« Celui qui peut arrêter le flot de la rivière) », hantant lacs et marais du fleuve Congo ? Aussi le Mystère des trois voyants fantômes ressemblait à une passionnante poursuite chimérique, et presque d'autant passionnante qu'elle était chimérique – ou soit disant telle – sans occulter évidemment que toute passion fait vivre. Et le commissaire lui rappela cet homme ébouriffé qu'il avait rencontré à un marché aux puces et qui se mit à lui parler des dragons comme il aurait parlé de son chien : il lui dévoila les secrets de leur gestation, lui révéla qu'il oeuvrait – apparemment dans une quatrième dimension – pour protéger les dragons de l'homme et protéger l'homme des dragons ; cela avant de l'emmener dans son camion et de lui déballer une molaire de dragon qui aurait tout aussi bien être une molaire de Mammouth. C'était bluffant. Même talent pour emporter dans son monde, même théâtralisation, même force de conviction. Il y avait toutefois une différence de taille entre le « dragonologue » et le « Rimbaulogue » qu'était le commissaire Belpomme : c'est que le premier fumait... le second pas. Ou alors il faudrait que ses pommes soient d'une variété hallucinogène...
Paul pêcha toutes ces questions et ce souvenir – enfin c'étaient plutôt eux qui l'avaient pêché – , et cela accrut sa hâte à conclure cette enquête afin de déterminer le pourquoi du comment des trois voyants fantômes. Et assurément, de par sa pomme, il ne faudrait pas trente six mille leçons pour cela...