Portrait possible de Djami Wandaï, serviteur et ami d'Arthur Rimbaud
![Djami (tel que je l imagine) 1882 -Abyssinie_15_Abyssin___[mission]_[](https://storage.canalblog.com/89/30/1138918/130436877.jpg)
Djami? Le portrait photographique date d'avant 1882.
Légende d'origine: Abyssin, mission Raffray, [photo?] [Photo reproduite par] Molteni [pour la conférence donnée par] Raffray. Par Achille Raffray (1844-1923), chef de mission, auteur de conférence.
Détail:
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b532352937.r=%C3%89thiopie?rk=300430;4
précisions sur BNF
Titre(s) : Abyssinie [Image fixe]. 15, Abyssin / [mission] Raffray ; [phot. ?] ; [phot. reprod. par] Molteni [pour la conférence donnée par] Raffray
Date(s) : 1882 [contretype d'une phot. réalisée avant 1882]
Description matérielle : 1 photogr. pos. sur verre ; 10 x 8,5 cm
Autre(s) auteur(s) : Raffray, Achille (1844-1923). Chef de la mission. Auteur de la conférence
Sujet(s) : Jeunes hommes -- Éthiopie
Adolescents -- Éthiopie
Sujet(s) géographique(s) :
Éthiopie
Classement géographique : Afrique > Éthiopie
Genre iconographique : Portraits ; Types ethnographiques ou sociaux
Identifiant de la notice : ark:/12148/cb456809052
Notice n° : FRBNF45680905
C'est ainsi que je m'imagine Djami, le domestique d'Arthur Rimbaud, qui l'accompagna au Caire en 1887 pour ses vacances, et pour lequel Arthur Rimbaud sur son lit de mort fit voeu à sa soeur Isabelle, qu'il appela par ce prénom ("moi il m'appelle parfois Djami" - lettre d'Isabelle Rimbaud à sa mère, le 28 octobre 1891), de léguer une partie de sa fortune, voeu qui ne sera pas exaucé indépendamment de la volonté de sa soeur, Djami étant mort peu de temps après son départ, - de chagrin? Il était plus qu'un domestique, un ami et un confident.
Il y a comme un air rimbaldien indéfinissable dans cet adolescent abyssin, on pense à la célèbre photo truquée de Carjat.

J'ai inversé le sens de la photo par rapport à l'original pour le rapprocher davantage du portrait possible de Djami.
Le jeune abyssin sur la photo a l'oeil intelligent, affuté d'Arthur. N'aurait-il été lui aussi un enfant précoce? La précocité est de tout temps, de tous les pays. Jésus, n'était-il "le fils de Dieu" a toutes les caractéristiques de la surdouance (Jésus au Temple à douze ans...), de ce qu'on appelle Haut Potentiel, si ce n'est autiste Asperger, aux caractéristiques très proches. "Je est un autre". Chaque miroir de soi-même, que l'on reconnait comme faisant partie du même arbre, voire de la même branche et qu'on peut appeler "âme soeur" sans y associer de sentiments amoureux. Ne peut-on penser qu'ils se sont reconnus ces deux-là?
Le portrait ci-dessus date de 1882, et Djami, harari (habitant de Harar) aurait été au service de Rimbaud depuis 1883, donc il n'avait pas plus de 18 ans en 1887, lorsqu'Arthur Rimbaud pris ses vacances au Caire avec lui en accompagnateur, en qualité de domestique (voir passeport ci-dessous ou "Djami" est écrit peut-être phonétiquement "Giami").
Ce portrait de "Djami" (plus je le regarde, plus je crois que c'est lui) a été réalisé par Achille Raffray (1844-1923), chef de mission, auteur de conférence comme il a été noté en légende sous le portrait, était entomologiste, explorateur et diplomate français. Il publia plusieurs ouvrages sur l'Abyssinie. D'abord un rapport de mission scientifique en Abyssinie et à Zanzibar en 1875 (sa mission étant en 1874), il publia un second ouvrage en 1876 (Abyssinie, Afrique orientale, réédité en 1880), puis publia en 1882 (année où il fut missionné en Abyssinie) "Les Églises monolithes de Lalibéla, Abyssinie", enfin en 1898 un autre ouvrage intitulé L'Abyssinie.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Achille_Raffray
- (1875) Rapport sur ma mission scientifique en Abyssinie et à Zanzibar. Archives des missions scientifiques. Ministère de l'Instruction publique, Paris, tome IV, 3e série, 1re livraison4. Voyage en Abyssinie, a Zanzibar et au pays des Ouanika', Bulletin de la. Société de Géographie x, No. 6 (1875).
- (1876) Abyssinie, Afrique orientale, Plon, Paris, (2e édition en 1880).
- (1882) Les Églises monolithes de Lalibéla, Abyssinie, souscription du ministère de l'Instruction, V.A. Morel, Paris.
- (1896) L'élevage des Autruches dans la Colonie du Cap. Rapport au Ministère des Affaires Etrangères. Revue des Sciences naturelles appliquées. Soc. d'Acclimatation4.
- (1898) L'Abyssinie [précédé d'une notice par Charles Simond], Plon, Paris.
Citation du blog "Le Rimbaud ivre" où j'ai trouvé des informations importantes:
http://rimbaudivre.blogspot.com/2020/

"Le passeport de Rimbaud établi au Caire le 23 septembre 1887 a été reproduit plusieurs fois. On donne ici le fac-similé du catalogue de l'exposition Arthur Rimbaud. Portraits, dessins et manuscrits réalisé en 1991 (p. 84). Ce document qui décrit Rimbaud donne d'autres informations importantes. Ainsi, il y est précisé que le poète est accompagné de son domestique Djami, ce qui lui permettait de passer la frontière avec son maître et qui montre que Rimbaud avait l'intention de voyager avec lui. Les biographes avaient déjà signalé que Djami était arrivé à Massaouah avec Rimbaud, mais ils ont éludé l'importance de sa présence au Caire.
"On sait que Rimbaud avait refusé que Djami l’accompagne en France pour se faire opérer et où pourtant il aurait été très utile pour l'aider à se déplacer. Si j'en crois la notice que j'ai réalisée sur lui dans le Dictionnaire Rimbaud, il avait au plus 19 ans en 1887 et était à son service depuis 1883. On sait aussi que Rimbaud avait manifesté avant de mourrir l'intention de lui faire un legs de 3000 francs, ce qui était une somme importante. On est en droit de penser que Rimbaud considérait Djami plus qu'un simple domestique et qu'il était une présence pour lui comme compagnon de voyage.
"L'autre information que l'on peut relever sur le passeport du Caire est que celui-ci a été établi au vu d'un premier passeport délivré par le Vice-Consul à Massahouah. Nous ne connaissons pas ce document mais grâce à Vincent Malausa nous pouvons publier un document inédit qui est une copie d'un reçu de ce passeport réalisé à Massaouah le 10 août 1887."
(blog Le Rimbaud ivre)
CONCLUSION: Il est possible que je me sois planté (encore une fois! voir mon article "Rimbaud barbu"), ce n'est peut être pas Djami. Si la photo a été prise avant 1882 (voir notice), elle n'a pu être prise que lors du voyage de Raffray en Abyssinie de 1873-1874. Admettons qu'elle date de 1874, difficile de donner un âge au garçon sur la photo, mais donnons-lui l'âge de 12 ans, il aurait eu en 1891, 29 ans. ça reste dans la vingtaine, mais c'est plus proche de la trentaine. Donnons l'âge de dix ans au jeune abyssin, il aurait eu 27 ans. Isabelle dans une lettre du 19 Février 1892 dit que c'est un jeune homme de vingt-deux à vingt-trois ans (à l'heure où elle écrit). Lorsqu'il est attesté serviteur d'Arthur Rimbaud en août 1887 dans son passeport du Caire où le négociant prit ses vacances, il avait donc 17-18 ans. Isabelle s'est-elle trompée sur l'âge de Djami? Si l'abyssin de la photo est bien Djami, il faudrait admettre qu'il avait 24 ans tandis qu'Arthur en avait 33. Le même écart à peu près qu'entre Arthur Rimbaud et Paul Verlaine. Une autre hypothèse n'est pas écartée: une erreur de date de la photo. Raffray étant retourné en Abyssinie en 1882, il a pu effectivement rencontré et photographié cet abyssin au cours de son voyage. Alors, si on lui donne 12 ans au moment de la prise de la photo, il aurait 17 ans en 1887 (l'âge que le poète se donne dans "Roman") et 22 en 1892 (à la mort de Rimbaud donc, Djami avait l'âge où il écrivit ses derniers poèmes connus). Au final, il est possible aussi que je ne me sois pas planté, que le jeune abyssin en photo soit bien Djami. Dans tous les cas, c'est ainsi que je l'imagine. Notons que le Harar est la capitale du soufisme, et on imagine bien le garçon de la photo présumé être Djami (rappelons-le harari) éduqué par un père soufi. Rappelons que le soufisme est fort représenté par des poètes de cette "confession", citons Rûmi, le plus prestigieux sans doute; mais il y a même un poète soufi s'appelant Djami. Il est l'un des plus réputés du XIVème siècle. Cela confirmant mon intuition. De plus, dans mon roman Rimbaud passion où les mystères d'Arthur, le commissaire Belpomme émettait l'hypothèse que Djami, serviteur et ami (sans doute) d'Arthur Rimbaud, était soufi, cela sans savoir que le Harar était le foyer des soufis, sans avoir vu le documentaire "L'exil éthiopien d'Abdallah Rimbaud" diffusé sur Arte en 2017 (ma publication de mon roman y est antérieure de quelques années).
LIEN DOC: ICI
Djami ou pas Djami, on a bien donné des portrait présumés de Lautréamont! Cela complète le trombinoscope d'Arthur Rimbaud sur le site Mag4.net, mais malheureusement le site a clôturé et on ne peut donc l'y faire ajouter le portrait présumé de Djami.
http://www.mag4.net/Rimbaud/Trombinoscope.html